Goodwill : définition, calcul et traitement en UE4 DSCG
Goodwill : définition, calcul et traitement en UE4 DSCG
Le goodwill, ou écart d’acquisition, est la différence entre le prix payé pour prendre le contrôle d’une entreprise et la juste valeur de ses actifs identifiables nets. En consolidation, il représente ce que l’acquéreur paie au-delà du bilan : réputation, savoir-faire, portefeuille clients, synergies attendues.
Qu’est-ce que le goodwill exactement ?
Quand une société en acquiert une autre, elle paie rarement la simple valeur comptable des actifs. Elle paie ce que l’entreprise vaut en tant qu’ensemble organisé : une marque installée, une équipe formée, des contrats récurrents, une position de marché. Ces éléments ne figurent pas au bilan de la cible.
Le goodwill est précisément ce surplus. En normes IFRS, il est encadré par IFRS 3 « Regroupements d’entreprises ». En normes françaises, on parle d’écart d’acquisition dans les comptes consolidés, régi par le règlement ANC relatif aux comptes consolidés.
Attention à ne pas confondre trois notions souvent mélangées à l’examen :
- Le goodwill (écart d’acquisition) : apparaît uniquement dans les comptes consolidés, lors d’une prise de contrôle.
- Le fonds commercial : figure dans les comptes individuels, lors de l’achat d’un fonds de commerce.
- L’écart d’évaluation : la réévaluation des actifs et passifs identifiables à leur juste valeur, qui se calcule avant le goodwill.
Comment calculer le goodwill ?
La logique tient en une soustraction, mais l’ordre des étapes est décisif. Le jury de l’UE4 sanctionne surtout les copies qui oublient de réévaluer les actifs avant de dégager l’écart.
- Identifier le coût d’acquisition (la contrepartie transférée).
- Évaluer à la juste valeur l’ensemble des actifs identifiables acquis et des passifs repris : c’est l’écart d’évaluation.
- Calculer la quote-part revenant à l’acquéreur dans cet actif net réévalué.
- Le goodwill est le reliquat : coût d’acquisition − quote-part d’actif net identifiable.
Exemple chiffré d’entraînement : la société M acquiert 80 % de la société F pour 1 200 000 €. La juste valeur des actifs identifiables nets de F ressort à 1 300 000 €.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Coût d’acquisition (80 %) | 1 200 000 € |
| Actif net identifiable réévalué (100 %) | 1 300 000 € |
| Quote-part de M (80 % × 1 300 000) | 1 040 000 € |
| Goodwill | 160 000 € |
Goodwill complet ou goodwill partiel ?
IFRS 3 laisse le choix, acquisition par acquisition, de la méthode d’évaluation des intérêts ne donnant pas le contrôle :
- Goodwill partiel : les intérêts minoritaires sont évalués à leur quote-part d’actif net identifiable. Seul le goodwill acheté par l’acquéreur est reconnu (160 000 € dans l’exemple).
- Goodwill complet : les intérêts minoritaires sont évalués à leur juste valeur. Le goodwill attribuable aux minoritaires est alors également comptabilisé.
Le règlement ANC applicable aux comptes consolidés français retient la logique du goodwill partiel. Sur une copie IFRS, lisez bien l’énoncé : la méthode imposée y est presque toujours précisée.
Amortissement ou dépréciation du goodwill ?
C’est la question qui sépare le plus nettement les deux référentiels, et un grand classique des annales DSCG corrigées par UE.
| Traitement | IFRS | Normes françaises (comptes consolidés) |
|---|---|---|
| Amortissement | Interdit | Sur la durée d’utilisation ; absence d’amortissement si cette durée n’est pas limitée |
| Test de dépréciation | Annuel et systématique (IAS 36) | Annuel si le goodwill n’est pas amorti ; sinon en cas d’indice de perte de valeur |
| Reprise de la dépréciation | Interdite | Interdite |
En IFRS, le goodwill est affecté à des unités génératrices de trésorerie (UGT), puis testé au niveau de ces UGT : on compare la valeur comptable à la valeur recouvrable. La perte de valeur constatée sur le goodwill est irréversible, même si les perspectives de l’UGT s’améliorent ensuite. Pour revoir le mécanisme du test, relisez notre article sur la norme IAS 36 décryptée.
Badwill : que faire d’un écart d’acquisition négatif ?
Si le coût d’acquisition est inférieur à la quote-part d’actif net identifiable, l’écart est négatif : c’est le badwill, ou acquisition à des conditions avantageuses.
En IFRS, la première obligation est de réexaminer l’identification et l’évaluation des actifs et passifs : un badwill résulte souvent d’une erreur d’évaluation. Si l’écart subsiste après ce réexamen, il est comptabilisé immédiatement en produit du résultat. En normes françaises, l’écart d’acquisition négatif est inscrit au passif puis rapporté au résultat sur une durée cohérente avec les hypothèses retenues lors de l’acquisition.
Le goodwill en évaluation d’entreprise (UE2)
Le goodwill ne se limite pas à l’UE4. En finance d’entreprise, il désigne aussi une méthode d’évaluation fondée sur la capacité de l’entreprise à dégager un superprofit durable.
Le raisonnement : on compare le résultat réellement attendu à la rémunération normale de l’actif économique engagé. L’excédent constitue la rente de goodwill, que l’on actualise sur un horizon limité.
- Rente de goodwill = résultat économique attendu − (taux de rémunération × actif économique retenu).
- Valeur de l’entreprise = actif net comptable corrigé + goodwill actualisé.
- La méthode des praticiens (dite indirecte) retient la moyenne entre l’actif net comptable corrigé et une valeur de rendement.
Le piège récurrent est la base de rémunération : selon l’énoncé, il faut retenir l’actif net comptable corrigé, la valeur substantielle brute ou les capitaux permanents nécessaires à l’exploitation. Lire deux fois la consigne vaut plusieurs points.
Comment réviser le goodwill avant l’épreuve ?
À quelques semaines des épreuves du DSCG, l’efficacité prime sur l’exhaustivité. Trois réflexes :
- Mémoriser la chaîne de calcul, pas le résultat : juste valeur, quote-part, reliquat. Nos fiches de révision DSCG condensent cette séquence sur une page.
- Systématiser le réflexe référentiel : avant d’écrire, identifiez si le sujet raisonne en IFRS ou en normes françaises. Le traitement change du tout au tout.
- S’entraîner en conditions réelles sur les corrigés DSCG des sessions précédentes : le goodwill revient très régulièrement dans les dossiers de consolidation.
Si les instruments financiers font aussi partie de vos points faibles, complétez avec notre décryptage de la norme IFRS 9 expliquée.
Questions fréquentes sur le goodwill
Le goodwill est-il un actif incorporel comme un autre ?
Non. Le goodwill n’est pas identifiable : il ne peut être ni vendu ni transféré séparément de l’entreprise. C’est pourquoi il est présenté sur une ligne distincte au bilan consolidé et suit des règles spécifiques, différentes de celles des autres immobilisations incorporelles.
Quelle différence entre goodwill et fonds commercial ?
Le fonds commercial apparaît dans les comptes individuels lors de l’acquisition d’un fonds de commerce. Le goodwill, ou écart d’acquisition, naît en consolidation lors d’une prise de contrôle. Les deux traduisent une survaleur, mais ne relèvent ni du même niveau de comptes ni des mêmes règles.
Peut-on reprendre une dépréciation du goodwill ?
Non. Une perte de valeur comptabilisée sur un goodwill ne peut jamais être reprise, y compris si la valeur recouvrable de l’unité génératrice de trésorerie remonte ensuite. Cette irréversibilité est une règle à citer explicitement dans une copie : elle est souvent attendue par le correcteur.
Dans quelles UE du DSCG le goodwill tombe-t-il ?
Principalement en UE4 (comptabilité et audit), dans les dossiers de consolidation et de regroupements d’entreprises. Il apparaît également en UE2 (finance) comme méthode d’évaluation d’entreprise, via la rente de goodwill et la méthode des praticiens.



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