CMPC : définition, formule et calcul (UE2 DSCG)
Le CMPC (coût moyen pondéré du capital) est le taux de rentabilité minimal qu’une entreprise doit dégager pour satisfaire à la fois ses actionnaires et ses prêteurs. On le calcule en pondérant le coût des capitaux propres et le coût de la dette après impôt par leur poids respectif dans la structure financière. C’est le taux d’actualisation de référence en UE2.
Qu’est-ce que le CMPC exactement ?
Une entreprise se finance par deux grandes sources : les capitaux propres apportés par les actionnaires et les dettes financières consenties par les banques ou les marchés. Chacune a un coût, et ces deux coûts n’ont rien à voir : l’actionnaire, dernier servi en cas de liquidation, exige une rémunération plus élevée que le prêteur.
Le CMPC — weighted average cost of capital (WACC) en anglais — agrège ces deux exigences en un seul taux. Il répond à une question simple : combien coûte, en moyenne, un euro de financement mobilisé par l’entreprise ?
Deux usages dominent dans les sujets de l’UE2 Finance :
- Actualiser des flux de trésorerie pour évaluer une entreprise ou un projet d’investissement.
- Servir de taux de rejet : un projet dont la rentabilité est inférieure au CMPC détruit de la valeur, même s’il est bénéficiaire comptablement.
Quelle est la formule du CMPC ?
La formule attendue à l’examen est la suivante :
CMPC = kcp × [CP / (CP + D)] + kd × (1 − IS) × [D / (CP + D)]
| Terme | Signification | Comment l’obtenir |
|---|---|---|
| kcp | Coût des capitaux propres | Le plus souvent par le MEDAF |
| kd | Coût de la dette avant impôt | Taux d’intérêt effectif des emprunts |
| CP | Capitaux propres | En valeur de marché, pas comptable |
| D | Dettes financières nettes | En valeur de marché |
| IS | Taux d’impôt sur les sociétés | Taux normal de 25 % en France |
Le facteur (1 − IS) traduit l’économie d’impôt liée à la déductibilité des charges financières : la dette coûte moins cher qu’elle n’en a l’air. C’est ce qu’on appelle l’économie fiscale, et l’oublier est la première cause de perte de points sur cette question.
Comment calculer le CMPC : exemple chiffré
Prenons une société dont la structure financière, exprimée en valeurs de marché, est la suivante : capitaux propres de 6 000 k€, dettes financières de 4 000 k€. Le coût des capitaux propres ressort à 9 %, le coût de la dette avant impôt à 4 %, et le taux d’IS retenu est de 25 %.
- Calculer les pondérations. CP / (CP + D) = 6 000 / 10 000 = 60 %. D / (CP + D) = 4 000 / 10 000 = 40 %.
- Pondérer le coût des capitaux propres. 9 % × 60 % = 5,40 %.
- Passer la dette après impôt. 4 % × (1 − 0,25) = 3 %, puis 3 % × 40 % = 1,20 %.
- Additionner. CMPC = 5,40 % + 1,20 % = 6,60 %.
Ce taux de 6,60 % devient alors le taux d’actualisation des flux de trésorerie disponibles de l’entreprise. Pour vous entraîner sur ce type d’enchaînement, les annales DSCG restent le meilleur support : la question « calculez le CMPC » revient presque mécaniquement dans les sujets d’évaluation.
Comment estimer le coût des capitaux propres avec le MEDAF ?
Le coût des capitaux propres n’est jamais donné directement par le marché : il faut le modéliser. Le modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF) s’écrit :
kcp = Rf + β × (Rm − Rf)
Avec Rf le taux sans risque, β la sensibilité du titre au risque de marché et (Rm − Rf) la prime de risque du marché. Avec un taux sans risque de 3 %, une prime de risque de 5 % et un bêta de 1,2, on obtient 3 % + 1,2 × 5 % = 9 % — la valeur utilisée dans l’exemple ci-dessus.
Le bêta endetté : le piège classique
Un sujet fournit souvent un bêta désendetté (ou bêta d’actif) issu d’un échantillon de sociétés comparables. Il faut alors le ré-endetter à la structure financière de la cible, par la relation de Hamada :
βendetté = βactif × [1 + (1 − IS) × D / CP]
Avec un bêta d’actif de 0,8, un ratio D / CP de 4 000 / 6 000 et un IS de 25 % : 0,8 × [1 + 0,75 × 0,667] = 1,2. On retrouve bien le bêta employé dans le MEDAF. Sauter cette étape fausse tout le calcul en aval.
À quoi sert le CMPC dans un sujet de DSCG ?
En UE2 Finance, le CMPC est rarement une fin en soi : il alimente une question plus large. Les enchaînements les plus fréquents sont les suivants :
- Évaluation par les flux : actualiser les flux de trésorerie disponibles au CMPC pour obtenir la valeur d’entreprise, puis en déduire la valeur des capitaux propres.
- Choix d’investissement : utiliser le CMPC comme taux d’actualisation d’une valeur actuelle nette pour trancher entre plusieurs projets.
- Structure financière : discuter l’effet d’un recours accru à l’endettement, en articulant le coût de la dette et le risque financier supporté par l’actionnaire.
- Création de valeur : comparer la rentabilité économique après impôt au CMPC pour conclure sur la création ou la destruction de valeur.
Le réflexe gagnant consiste à toujours commenter le résultat obtenu. Un CMPC de 6,60 % n’a de sens que replacé dans le contexte du sujet : secteur, niveau d’endettement, exigence des actionnaires. Les correcteurs valorisent cette mise en perspective, comme le montrent les corrigés publiés avec les sujets et corrigés DSCG par UE.
Les erreurs à éviter le jour de l’épreuve
- Utiliser des valeurs comptables pour pondérer alors que le sujet fournit des valeurs de marché.
- Oublier le (1 − IS) sur le coût de la dette, ou l’appliquer par erreur au coût des capitaux propres.
- Négliger le ré-endettement du bêta quand le sujet donne un bêta d’actif.
- Actualiser les mauvais flux : le CMPC s’applique aux flux disponibles pour l’ensemble des bailleurs de fonds, pas aux flux revenant aux seuls actionnaires.
- Confondre les unités : un pourcentage mal converti en décimale fait dérailler toute la suite du calcul.
Pour ancrer la formule et ses composantes avant l’épreuve, travaillez-la en répétition espacée avec nos fiches de révision DSCG, et vérifiez le format exact de votre épreuve sur notre récapitulatif des épreuves du DSCG et de leurs coefficients.
FAQ : vos questions sur le CMPC
CMPC et WACC, est-ce la même chose ?
Oui. WACC est l’acronyme anglais de weighted average cost of capital, dont CMPC est la traduction française. Les sujets de DSCG emploient indifféremment les deux termes, parfois dans le même énoncé.
Pourquoi retranche-t-on l’impôt du coût de la dette seulement ?
Parce que les charges d’intérêts sont déductibles du résultat imposable, ce qui génère une économie d’impôt. Les dividendes versés aux actionnaires ne le sont pas : le coût des capitaux propres s’exprime donc directement après impôt sur les sociétés.
Faut-il prendre la dette brute ou la dette nette ?
En évaluation, on raisonne généralement sur la dette financière nette de la trésorerie disponible, en cohérence avec le passage de la valeur d’entreprise à la valeur des capitaux propres. Suivez toutefois l’indication de l’énoncé, qui prime toujours.
Que signifie un CMPC élevé ?
Il traduit une exigence de rentabilité forte, donc un risque perçu élevé par les apporteurs de capitaux. Mécaniquement, plus le CMPC est élevé, plus la valeur actualisée des flux futurs — et donc la valeur de l’entreprise — diminue.



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